28.05.2009

TO BE CONTINUED

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06.08.2008

Le 21è sexe

Shall we dance? Un copain vient d'acheter pour une bouchée de pain une péniche... J'ai eu les yeux ronds quand il m'a dit ça. Une péniche marchande. Il y a des travaux à faire, mais bon sang il s'est acheté une péniche! Et son projet est surprenant: il compte en faire une discothèque ...! Zinzin celui-là, je l'aime bien.

"What doesn't kill you makes you weirder", dixit le Joker dans le dernier Batman, The Dark Knight.

dark_knight_42.jpgHammam: je voulais découvrir un vrai hammam, pas un truc lyophilisé pour les moeurs occidentales. J'ai donc éliminé de ma liste tout ce qui était "centre de spa" truffé de termes en anglais, de body-rescue/ resculpt/ shape-revolution (j'exagère à peine) visiblement pour taper dans l'oeil des pré-liftées. Pour une première, autant que ça ait du caractère. Ca a été le cas: je me suis fait chouchoutée au milieu d'un pugilat entre deux mamas. Elles criaient, me massaient, s'arrêtaient pour reprendre leur souffle, me disaient avec un accent délicieux et des mots que je ne comprenais pas toujours "ça va chérie?", puis sous un kilo de rassoul parfumé à la fleur d'oranger, je les écoutais en ne pouvant m'empêcher de fermer les yeux tant ce massage était divin. D'après les quelques mots que je comprends en arabe, il s'agissait d'un drame. C'était bizarre et cocasse car j'étais très bien, dans la chaleur très moite, toute seule dans ce hammam désert à cette heure-là, et pantin au milieu d'un conflit dont je comprenais à peine les raisons. L'une des femmes avait quarante-cinq ans, était très absorbée par la dispute, ne lâchait pas prise, tout en procédant à tous les soins avec dextérité, mais j'ai cru un moment que j'allais ressortir écarlate à force de voir ce gant revenir à la charge sur ma peau: en fait elle savait très bien ce qu'elle faisait. J'ai aussi cru que mes seins allaient changer de forme, mais je les reconnais, elle n'a donc rien modifié. Savon noir, passage sous le hammam, rinçage, puis massage avec un mélange de rassoul et de fleur d'oranger, massage interminable, très très bon moment. Les yeux complètement clos, j'entends la porte se refermer, le conflit a cessé et c'est la femme la plus âgée qui applique jusque dans mes oreilles cette pâte qui sent si bon. Là je repasse sous la douche, recouverte de mosaïques bleues et vertes, puis la vieille dame m'emmitoufle de façon très maternelle dans un peignoir et me guide vers un petit salon tout rond, tout moelleux.

Dehors, un peu hébétée, shootée aux huiles essentielles, encore sous éberluée par la douceur de ce qui me recouvre la carcasse, je commence à marcher. Un gamin avec un grand sourire et des baskets Nike distribue des prospectus pour un "centre de prières, de louanges et d'adoration". Bloody Hell.

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The Dark Knight, Christopher Nolan

LE Batman... Surtout LE JOKER, et comment! Je n'ai jamais vu une salle applaudir à plusieurs moments d'un film. C'est désormais chose faite.

Pick up the receiver honey: "The Ballad of Sexual Depency déconstruit le rôle des femmes entre la vierge et la pute, la mère et la fêtarde. c'est un passage en revue des options envisageables pour les femmes" Nan Goldin

dark_knight_joker.jpgGirls'Power. Je fais des heures sup' dans le bar flambant neuf que vient d'ouvrir mon boss. Bar labyrinthique, je suis soulagée d'avoir des collègues. L'une est géniale (la misogyne qui sommeille est déconcertée), dotée d'un accent qui rend toutes les commandes surréalistes, et expulsable dans les trois mois faute de papiers en règle. Une autre, un an de moins que moi, mère d'un petit garçon de trois ans, me raconte que son mec (pas le père de l'enfant) est violent mais qu'elle ne peut pas porter plainte car vu son casier le monsieur risque les barres de fer, des entraves à sa délicieuse liberté de se mouvoir. "Pourquoi tu ne le quittes pas?" "Il range bien l'appart et prépare à manger le soir".

You go back to her and I go back to black. We only said goodbye with words. Amy Winehouse

23.07.2008

Your own personal Jesus

Your own, personnal, Jesus. Someone to hear your prayers, someone who cares. Feeling unkown, and you're all alone, flesh and bones, by the telephone, lift up the receiver, I'll make you a believer. Johnny Cash... / Depeche Mode... / Marilyn Manson

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Children of men, Alfonso Cuaron

Dans exactement un an, je serais définitivement diplômée. Définitivement? Oui car il faut que j'apprenne par moi-même, et j'ai vu les deux côtés de l'enseignement: du très bon, plein, exigeant, régénérant et du vide industriel sous un vernis d'excellence (Sciences po'... beaucoup de bruit pour beaucoup de rien). Mais le diplôme est loin d'être suffisant. A vrai dire, pour faire ce que je veux, aucun diplôme ne donne le code d'accès. Il faudra donc de l'EXPERIENCE.

sarahmoon5.jpgMais, d'une façon ou d'une autre, je sais que ce diplôme peut me servir de parachute, me donner plus de liberté de choix, prouver que je peux être "crédible", mais il ne faut pas en attendre davantage. J'ai l'impression que tout va commencer dans un an.

Chapitre Moins que zéro: Le photographe est fourbe. A part une séance photo quand j'étais gamine, déguisée de façon gothique, sur le parvis d'une église du même type, le tout très noir et blanc, poser, s'exposer, regarder l'objectif, très très peu pour moi. Ce qui n'empêche pas que je sois sincèrement fascinée par les personnes qui manient cet appareil, la photographie est un art très interpellant. Malgré mes précautions, je me suis fait avoir. "Tu as vu les photos sur mon site pro?",sourire en coin, signifiant très clairement que peu importe mon avis, il avait mis en ligne les clichés qui ne devaient être que des réglages. Oui, naïve, encéphalogramme plat, je ne peux en vouloir qu'à moi-même. L'amorale de l'histoire: éloigne-toi des gens qui veulent te posséder, d'une manière ou d'une autre.

 

Il disait tout bas: "Petit bouton de rose, aux pétales humides, un baiser je dépose" M. Farmer

 

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Children of men

 

La phrase qui fait ZING : "You're so ugly you could be a modern art masterpiece" Full Metal Jacket, Stanley Kubrick

 

Jeff Riedel''''.jpgTo-do list pas encore définitive: je mets ici des projets qui trottinent depuis trop longtemps en tête, du sérieux et du très superficiel. La liste sera définitive... le jour de l'équinoxe de septembre (et pourquoi pas?). Mais une fois la liste établie, il n'y aura plus d'échappatoire et tout devra être accompli dans les 365 jours.

 

... // faire du kayak, apprivoiser ce petit bateau sur lequel je n'ai jamais posé un orteil // pénétrer dans un vrai hammam // être recouverte d'aiguilles par un acupuncteur (eh oui dépasser toutes ces petites inhibitions...) // passer une nuit dans une réserve naturelle, sous la tente // tester ce qui s'appelle la detox (charabia ou pas? Il faut que je procure un livre sérieux sur le sujet et puis pendant une semaine je verrai bien et je pourrai alors me faire un avis sur la question. J'ai une bonne alimentation, on verra si ça modifiera quelque chose. Ouhhh je vais développer des super-pouvoirs bioniques, yipikayee. Je voudrai bien voir à travers les murs, je crois que les graines germées sont conseillées dans ce cas précis) // faire chaque mois un best of des photos vues sur la blogosphère (certains bloggeurs sont très très doués) // interviewer des inconnus (après l'épisode tirez-moi la langue chers inconnus, je vais aussi m'intéresser à la tessiture de leur voix et à ce que recèle leur caboche) // ... To be continued

 

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Children of men

 

La peau du journaliste: pendant un peu plus d'un mois, j'ai pu observer un comité de rédaction d'un journal plutôt estimé. Bon, tout ça n'est dû qu'à un coup du hasard, j'ai postulé au bon endroit au bon moment. De mon côté, je devais m'aérer les synapses car je n'arrivais plus à aligner deux lignes dans le scénario sur lequel je planche, et de l'autre de la main d'oeuvre fraîche et docile n'était pas de trop. Aucune responsabilité substantifique, un job au titre pompeux (histoire de justifier le salaire inversement proportionnel), mais j'aimerais exercer quarante métiers, me fondre dans leur univers, leurs routines, et côtoyer ce métier-ci était évidemment intéressant. Boucher ne me tente pas encore, croque-mort ça se négocie (rien que le nom, c'est drôle, un peu morbide, mais qu'à cela ne tienne), gardien de prison je crains que je n'ai pas les épaules de déménageur appropriées, fondeuse de luminaires, madame Irma euhh... C'est pour cette raison que je profite de ma dernière année d'étudiante, j'entre par infraction dans des mondes que je connais pas.

 

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Children of men

 

ZING ZING : "Comment voulez-vous vos héros, à point ou encore saignants?" Dernier tango à Paris , Bertolucci. Caractériser ses personnages n'est pas une mince affaire.

12.07.2008

Presque douze mois

b&n075.jpgLes fêtes institutionnalisées me rebutent complètement. De plus en plus à vrai dire. Anniversaires, Noël, Saint-Glinglin, je n'ai plus le mode d'emploi. Dans certains contextes, je fais des efforts: dans ce genre de trucs, les efforts se doivent d'être vestimentaires et ... aussi afficher LA tête de circonstances. Ce qui est bien, c'est que bien souvent, les joyeux noceurs de tous poils boivent. Donc m'échapper en catimini et aller retrouver des têtes moins imbibées ou plus simplement des têtes non repoussantes est ce que je préfère. J'ai de la chance: mon insomniaque préféré travaille tout près de chez moi.

Je ne regarderai pas la date, mais ça va faire un an que le mot "blog" n'est plus un terme générique, vague. Je suis loin d'être aussi assidue que certains. Je ne me force jamais. Mais malgré des parenthèses, je n'ai jamais pensé à mettre la clé sous la porte. J'ai lu à plusieurs endroits des témoignages de bloggeurs relatant les injures, les commentaires agressifs et autres joyeusetés. Je dois vivre au pays de Candy sur ce coup-là...

Heidi Slimane''''''''.jpgChapitre 1: De nouvelles expériences professionnelles. Ce qui n'était qu'à l'origine qu'un job d'étudiant s'est révélé plus intéressant. Barmaid, c'est difficile, parfois long, surtout quand on est en tête à tête avec un quinqua qui a englouti sa douzième bière et qui voudrait beaucoup vous ramener et vous déposer sur sa table de nuit, ou les solos face à un bol de pistaches avariées et des biscuits sous cellophane quand la faim fait sa vicieuse à une heure où tout le monde somnole sauf vous, barmaid. Tout ça, c'est un peu vrai. Mais j'aime bien être là. Je pourrais donner des cours de langue, des cours de soutien scolaire (je l'ai fait), travailler dans une administration ronronnante (idem), profiter d'un piston pour engranger pétro-dollars. Mais c'est incroyable à quel point on entre dans la vie des gens dès l'instant où ils s'accoudent au bar. Oui je l'admets, je vampirise les gens. Mais ne le cherchent-ils pas? Ils se mettent à nu, les plus étranges deviennent attachants.

La phrase qui fait ZING: "Tout Homme qui se croit indispensable est un salaud"Sartre

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                                   Au détour d'une ruelle

Le film pathétique: le cinéma hollywoodien est catalogué par les cinéphiles snobs comme étant commercial, manipulateur, bourré d'effets faciles. Je déteste ce genre d'étiquettes. Vraiment. Toute cette idéologie pompeuse qui trace une ligne de démarcation entre "le bon cinéma" et le "mauvais cinéma " me dégoûte. Bon sang, il y a des films pop corn rondement bien menés, sans doute guère philosophiques, mais infiniment jouissifs. C'est dans cet état d'esprit que je m'étais rendue à l'avant-première de Hancock... Un plantage intégral. Certes, j'ai du mal avec les films de super-héros, leur intrigue télescopée et les bons sentiments dégommés à tous bouts de champs, mais Hancock est si nul que ça en est surprenant. Sex and the City était franchement pas terrible non plus. Pas drôle, ni incisif, ni cohérent, ni dynamique, mais la franchise est lancée et vu le succès inouï il y aura une suite. Il faudrait que je découvre la série initiale, qui m'est passée sous le nez à l'époque car il paraît qu'elle vaut le détour.

Pourquoi un blog? Les défis c'est important dans ma caboche, ça c'est certain. D'une façon un peu bizarre, ça me confronte à mes "limites" (mot ignoble et utilisé à tort et à travers), donc en les cernant je me dois de les dépasser.

La phrase qui fait ZING: A little less conversation, a little more action, come on, come on,....Elvis Presley

La question du réveilleur de blog (merci, j'ai du pain sur la planche...!): mon réveilleur de blog est charmant et m'a régulièrement demandé des nouvelles sous forme de questions souvent drôles (et peu politiquement correctes je le crains). J'ai choisi ses dernières questions portant sur le "bilan" que je pouvais faire de ces douze derniers mois...

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Plus sportive? Oui
Disons que je canalise tout de manière plus cohérente, mais j'y prends toujours autant de plaisir. J'aimerais me perfectionner dans ce que je fais, alors je m'entraîne. Et pour le marathon de New York, il faut que je sois à la hauteur, et d'ici là l'étape des "20 km" se profile à l'horizon. Il reste un obstacle de taille: le sport, le matin c'est bien. Se lever, ou plutôt s'extirper de son lit pour enfiler ses baskets c'est mieux.  
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De meilleures fréquentations? Affirmatif
Un peu de tri sélectif, un peu de hasard, un peu de lucidité. Pourtant couper les liens, ça n'a jamais été mon fort, bien au contraire.
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Alimentation?
Euhhh cher réveilleur, un relent d'orthorexie ou orthodoxie alimentaire? Réveilleur de blog, désenvoûtes-toi de l'influence délétère des magazines féminins ronronnants de poncifs et d'injonctions!
Passés ces quelques cris de rigueur, cher réveilleur, je te remercie de te soucier d'un des besoins primaires de l'homme, à savoir son alimentation. Je sais qu'il n'y a pas de malice sous cette question. Alors, oui alimentairement correct mon cher Watson. J'aime la coriandre fraîche, le chocolat intensément noir, les penne al dente, la cuisine indienne et le summum gustatif qu'est la cuisine libanaise.  
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 Max Vadukul''''''''''''''''''''''''.jpg 
Plus intelligente?
Niet
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Paola Zambaldi'''''''''''''''.jpg
 Le divin quotidien?
Hmmm, que dois-je répondre à ça? C'est un drôle d'animal avec lequel on doit apprendre à composer. Mon quotidien se passe bien, merci réveilleur. Et de toutes façons, si ça foire, on en est généralement foutrement responsables. Alors, assume.
Oui, il y a des jours pourris. Mais il y a des artifices drôlement efficaces dans ces cas-là: les psychotropes, observer les mamies acariâtres qui vivent par procuration en espionnant leurs voisins à la dérobée, pulvériser ses soit-disants limites en faisant du sport, s'acharner sur un animal sans défense, épiler les sourcils d'un mâle, se dire que les dragibus c'est plein de colorants et qu'on sera bicolores dans notre tombe, arriver tôt au cinéma et repartir tard, griffonner des Charlie Chaplin dans des cahiers à spirale (vous pouvez dessiner l'Antéchrist aussi, moi c'est Charlie Chaplin, avec son chapeau, sa moustache, son costume trop grand, sa canne,... Mais l'Antéchrist, c'est bien aussi), passer à l'improviste chez quelqu'un qui vous attend, se dire qu'on en a strictement rien à foutre si notre coiffure n'a pas été agréée par le comité d'uniformisation de Elle ou une bible transcendante de ce genre, renifler la boîte pour chat et regarder perfidement la composition dudit bidule pour se dire que si les chats savaient lire ils seraient anorexiques (qwaa les cendres, ça ne fait pas partie des besoins nutritionnels recommandés? No way!)

11.07.2008

Pas de faux bond

Par où commencer? Je suis dans la peau du lapin blanc qui "est en retard, en retard"... Mais c'est entièrement de ma faute, j'ai fait en sorte que ces derniers mois soient riches et prenants.

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J'ai un stock conséquent de photographes, de dessinateurs, de citations tarabiscotées, de portraits bizarres de gens bizarres, de grimaceurs, et surtout l'envie de lire les blogs qui me tiennent à coeur. Ordre et méthode... Et des films (et des navets), de nouvelles expériences professionnelles (à cent à l'heure, mais très instructifs), un court-métrage en gestation (j'adore l'expression "court-mais-trash", j'aurais voulu l'inventer celle-là!).

Sambre9.pngLà je file acheter des places pour un concert qui promet, puis ma dose non homéopathique de cinéma en bonne compagnie, puis mon clavier!

28.06.2008

Harder, better, faster, stronger

Richard Prince.jpgOui ça fait des années-lumières...

Je remets tout en place, ce n'est plus qu'une affaire de jours.

 

"Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes" Maupassant, Le Horla. J'espère qu'il y a plein de fantômes par ici.

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22.03.2008

Bip Bip from Hollyweird

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Eugenio Recuenco

Facebook, épisode glauque ou "tiens, je vais mettre à profit mon calepin de beautiful people": Facebook me rappelle soudain à quel point les fayots ont une bonne mémoire. Ou plutôt une mémoire sélective: le fayot est binaire, d'un côté il y a les sous-merdes, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de bonnes notes (CQFD), de l'autre les aspirants au Graal, les bien cotés... Mais le fayot persévère, n'oublie pas qui sont les contacts à garder. Facebook m'a remis en contact avec du bon, du très bon, mais me réserve des surprises. Une fille avec laquelle j'avais dû faire un vague exposé il y a des années-lumières m'envoie un message truffé de références à son cursus de teckel de concours et m'annonce dès la deuxième ligne que dans un an elle espère entrer à la Banque mondiale... Oui, c'est vrai, autant y aller franco, ne pas s'embarrasser d'un semblant d'intérêt pour les choses non socialement prolifique, du genre "tu habites dans quelle ville maintenant?", "tu es heureuse?", "quels ont tes projets?". Non, autant annoncer la couleur "moi megacéphale arriviste et prétentieuse, me souviens de tes notes et veux copuler socialement avec toi pour mega-profits et reconnaissance inestimable des parents, vénération des pairs et salutation salariale". Bon, je crois que je vais laisser mademoiselle à la Banque Mondiale et m'offrir une p'tite séance de ciné...

1375676705.jpgLa suite du tag du "réveilleur de blog". "Dis j'aime/ j'aime pas": dois-je dire la vérité? En règle générale, je me dis que les gens n'ont pas besoin de savoir la vérité. Point barre. Le virtuel est peut-être émancipateur. De toutes façons, j'éteins mon pc dès que ça me chante, pas de contraintes. La vérité est-elle une contrainte? Bref, je bifurque là, je vais redresser la barre. So answer now... Yep!

J'aime les raccords en cut, la musique en contre-point, les plans-séquences, les silences entre les personnages, la caméra à l'épaule qui surgit entre deux plans académiquement corrects, j'aime prendre conscience du cadre, de cet intriguant hors-champ, j'aime la caméra qui découpe soudain l'unité de choses qu'on estime nécessairement associées. J'aime pas les justifications. J'aime rêver dans des langues étrangères, rêver en noir et blanc, rêver en acceléré, ouvrir les yeux il est trop tôt, je me rendors, tirer sur le drap, enfouir mes cheveux, à l'envers, à l'endroit. J'aime pas remplir des papiers administratifs, ça me fait peur. Peur d'oublier, et puis c'est froid ces trucs. Administrativement dérangeant. J'aime faire ce pour quoi je suis nulle. J'aime pas les humanidés-déserts-émotionnels. J'aime noter des phrases tirées d'un film, d'une chanson, d'un vague prospectus, d'un mur saturé d'inscriptions au feutre. J'aime pas les hamsters qui couinent en tournant dans leur caisson. J'aime faire craquer des allumettes quand il fait noir. J'aime pas l'engouement arty autour d'actrices pseudo-intellectuelles.

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Ryan Michael Kelly

999701815.jpgLe pire début de roman: malheureusement, je crois que je viens de recevoir un livre qui n'est pas du tout pour moi... "Je peux voir la canopée comme des vagues immobiles auxquelles seul le vent de la montagne donne une vie de mer sombre. Il traîne des brumes alanguies que le soleil levant finit toujours par enflammer. Au-delà, il y a un grand fleuve et bien au-delà la mer, la vraie, l'infinie, qui se dessine parfois comme un trait de lumière pour souligner l'indéfini du ciel." Les dames de nage, Bernard Giraudeau. Pfff, pourtant, ça m'aurait plu d'entrer dans ce livre: 1/ c'est un cadeau censé me prouver toute "l'admiration" (je déteste ce terme) que me porte soit-disant un ami (j'ai beau lui répéter que je suis un chantier, un brouillon, un capharnaüm), 2/ l'acteur-auteur ne m'est pas antipathique, il semble original et aventurier (so what else?)... Là, un début pareil, c'est viscéral, je ne peux pas. Il faut éprouver du désir pour un livre, je vois mal comment raviver la flamme... Peut-être commencer au milieu (arracher la première page?). Mais si cette amorce vous émoustille, vous donne une envie irrépréssible de poursuivre la lecture, pas de censure... et puis je parviendrai peut-être à saisir pourquoi (COMMENT????) on peut aligner des mots mièvrissimes comme des perles.

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La phrase qui fait ZING: "Le romantisme correspond trop souvent à la facilité, à l'excès du visible, à l'absence de paradoxe, à la simple photogénie, à la "soupe de symboles". Je crois qu'il est temps de l'expurger, parce qu'il constitue un écran qui nous empêche de voir" Marc-Olivier Wahler

1386140280.jpgUne bonne nouvelle pour le cinéma: Rachel Weisz (The Fountain, The Constant Gardener,... mais aussi The Mummy, où elle joue une petite Betty Boop) va faire fusionner son talent délirant avec celui de Alejandro Amenabar (réalisateur de l'incroyable The Others... Brrr) dans un film qui s'appelera Agora. A propos de Rachel Weisz, je ne me suis toujours pas remise de son entrée dans My Blueberry Nigths... C'est moi, ou elle pulvérise le cadre?

Ich will deine Phantasie // Ich will dass du mir vertraut // Ich will dass du mir glaubt. Nevermind, right?

Résolution du jour: passer moins de temps dans mon atelier et aller en cours, cours foutrement intéressants au demeurant.

Signs everywhere. Weird. Breath in. No, just laugh!

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Ruven Afanador

Music temptation: Un groupe, au nom bizarre "Dead Can Dance"... Allez voir sur l'ami Deezer. Un nouvel ami dans mon bestiaire musical. The Lotus Eaters, ooww.

Bye bye honey b. Wish you everything.

15.03.2008

We own the night

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Henk Van Rensbergen

1101014297.jpgChapitre 1: la vie est espiègle. J'ai beaucoup voyagé ces dernières semaines. Le train. Parfois la destination importait peu, c'était le départ, le mouvement. Parfois la destination comptait, car c'étaient des retrouvailles, un peu d'angoisse, l'envie de rebrousser chemin, de se fondre sous son écharpe insolemment longue. "Dis, tu crois qu'on a changé?", je ne l'ai pas posée cette petite question. C'était comme tutoyer le passé, se réchauffer dans ses anciens habits, dans ses certitudes. Maintenant que je les ai retrouvés, je ne vais plus les perdre.

Honey b, take a walk on the wild side

Chapitre 2: Atmosphère nuit. En face du bar, tout en haut dans une salle quelconque, il y a des cours de danse. Quand je prends mes pauses, je m'accoude à la fenêtre et fais signe à la danseuse, pourtant si absorbée. Ses élèves se donnent du mal, c'est évident, mais on ne voit qu'elle tant elle a de grâce dès lors qu'elle se met en mouvement. Je ne voudrais pour rien au monde suivre des cours de danse, pourtant je suis de plus en plus séduite par certains mouvements, des enchaînements, j'aime la transe canalisée, sublimée. C'est Fenêtre sur Cour et Grace Kelly est éblouissante.

Chapitre zéro: il faut tout réécrire.

One, two, three, four, tell me that you love me more

1575504391.jpgChapitre lambda: que l'année soit pleine de panache.

Le réveilleur de blog: la question qui turlupine le délicieux et l'espiègle. Je ne peux frustrer sa virtuelle curiosité. Le réveilleur de blog est visiblement interloqué par les tags qui pullulent sur la blogosphère, qui sait peut-être rêve-t-il secrètement de voir son tag se répandre, se reproduire...? "Dis J'aime / J'aime pas" En veux-tu en voilà.

J'aime Grimper sur une balançoire / sur une branche / sur une table. J'aime pas les fleurs homogènes en bouquets serrés. J'aime la musique fort, les silences forts. J'aime pas les notes, le blabla pompeux, faussement circonstancié, école, université, peu importe, du pseudo-quantifiable, de l'objectivable, au final de la poudre aux yeux. Je suis une vraie idiote dotée de notes indécentes. Chercher l'erreur. J'aime la fluidité des crayons. J'aime pas les jeux de société. J'y mets une telle mauvaise volonté quand je suis obligée d'y jouer que je gagne sans sourciller. J'aime le train, prendre le train. J'aime pas l'idée de lever la main sur un homme. Ça me débecte cette idée qu'une nana en colère puisse presque légitimement exorciser son impuissance (verbale, physique) en abattant sa main, en la faisant sonner sur la joue du mâle en face. J'aime (suite au prochain épisode).

PS... Guess what?

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Danske

Plaisirs des sons: Gustavo Santaolalla a inventé une guitare reconnaissable entre mille, l'instrument agit sans intraveineuse et dynamite mes certitudes. Aller simple pour des B.O entêtantes. C'est lui qui signe notamment la musique originale de Babel (Inarritu), Diaros de motocicledad (Walter Salles), Brokeback Mountain (Ang Lee) ou encore certains accords de My Blueberry Nights (Wong Kar-Wai). Qu'est-ce qui donne tant de relief à de modestes accords? Je sèche, mais tant pis j'écoute.  

Toi , tu as une trogne l'acteur! Benicio Del Toro. Point final.

La phrase qui fait ZING: "Qui cherche le taureau prend un coup de corne"

L'Oscar du pasteur fou: Paul Dano dans There will be blood de P.T Anderson. J'ai été voir le film à deux reprises... Et je dois sans doute tanner tous ceux qui ont l'inconscience de me fréquenter: car la musique, les mouvements de caméra électrisants, car Paul Dano, car la fin, le milk-shake, les scènes qui se font écho, un bowling aux strikes percutants, car les personnages, car la mise en scène, le soin facial au pétrole, car "I am a false prophet and God is a ..."...

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                           Yves Marchand et Romain Meffre

La phrase qui fait ZING: C'est beaucoup plus amusant de ne pas savoir de quoi demain sera fait, car de toutes façons demain sera fait. Catherine Breillat.

 

25.02.2008

There is magic everywhere

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How to read the hand, Carol Golemboski

328488487.jpgCette note est écrite, inspirée, motivée, extirpée pour Dorian Siam.

Je citerais Madonna-le-cyborg (c'est une première et ... une dernière): Talk is cheap  

Barmaid, c'est un job intéressant, je dois avouer que ça me resocialise drôlement. Bon sang, cette année est la plus trash que j'ai connue, mais qu'est ce que c'est bon. Je ne changerais pas un iota à ce brouhaha. Des morts, des vrais, des enterrements, une rupture sans demi-mesure (et prends ça dans la gueule cocotte), un ami (et je suis sûre qu'il tient à moi) qui ne veut plus me voir à moins que je devienne son joujou sexuel. Un environnement peu ... Mais comme j'ai pu perdre du temps, ça ne se dit même pas tant c'est énorme ce gaspillage. Ehh, je ne suis plus autiste! Une rédemption ce truc, pincez-moi je vais me réveiller lobotomisée, amourachée d'un bellâtre mono-syllabique, ruminant, pestant, accro au tunning. Note personnelle: un mec qui fantasme sur le tunning c'est aussi émoustillant qu'une nana fanatique de poneys. C'est rude pour nos amis les bêtes, ces gonzesses qui sont passées du fantasme de la princesse à celui de la murmureuse à l'oreille des petits chevaux-qui-tournent-en-rond. "T'aimes quoi dans la vie? " "les PONEYS", on a compris.

Tout n'est pas atteint pour autant, j'aimerais tant être plus créative, plus perméable aux choses, moins incompétente relationnellement. J'apprends. C'est bon le chemin parcouru, ça aurait été plus doux sans toutes ces ..., mais on est foutrement responsable de ce qu'on est. J'étais ma pire ennemie. Pas besoin du regard des autres, de leur intervention, j'étais parfaite dans le rôle de tortionnaire. Évidemment jamais à la hauteur. Tétanisée par l'idée de ne pas y arriver (où d'ailleurs?), dramatiquement perfectionniste, résultat: impossible de faire quoi que ce soit. C'était un vacarme assourdissant dans ma tête, des thèses et des antithèses, un blabla tyrannique, une litanie pour les fous.

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Mais bon, je ne dois pas me leurrer: j'ai eu de la chance, et sacrément. Jouer avec le feu, c'est une drôle d'expression, c'était froid, pas du tout excitant tout ce bordel. Ce qui est génial, c'est que j'ai pu tout cacher, j'ai pas eu l'once d'une justification à fournir. Oui je peux cacher n'importe quoi à n'importe qui. Hey babe, never explain, never complain, devise over-british.

Parfois je déambule et je me sens comme la caméra de Terrence Malick hypnotisée par le mouvement des arbres et amusée par les fourmis qui pullulent sur l’écorce, c’est bon tout simplement.

967539686.jpg Qui sait où nous en serons dans quelques années. Peut-être que je serai barmaid noctambule dans un club de strip-tease, décidée à observer ce petit monde qui ne m’appartient pas. Et inscrite à des cours du soir d’histoire de l’art, avant mon service. Dans une ville… éloignée. Anglophone peut-être, j’adore les sonorités de cette langue, quels que soient les accents. Dans un appartement, avec des photos partout, des tentatives d’élaborations plastiques, des mannequins peinturlurés. Un bureau où écrire. Des scénar’ peut-être, de la poésie bien sûr. Mais prose ou poésie, tout n’est que prétexte n’est-ce pas? Des baskets aux pieds, pour m’entraîner pour le marathon de New York (je viens de me lancer ce défi, en voyant que mon endurance progresse et qu’elle me fait prendre conscience que j’ai une volonté, en sourdine, qui ne demande qu’à se manifester). Des cadres par terre. Je crois que je serai toujours bordélique, une cacophonie visuelle de cours, de vêtements, de livres, de calepins.

La phrase qui fait ZING: "Marilyn! Marilyn! Why did everything have to turn out the way it did? Why does life have to be so fucking rotten?" Truman Capote

Mais bon, maintenant, l'évidence intense de la liberté me rend insomniaque. Et puis merde, je dormirai quand je serai grabataire.

La phrase qui fait ZING: "I knew how third rate I was. I could actually feel my lack of talent, as if it were cheap clothes I was wearing inside. But my God, how I wanted to learn, to change, to improve" Marilyn Monroe

20.02.2008

Oui j'ai peur(s) du Noir

02d825557a311bcfdef4abb76b749223.jpgCes derniers jours, j'ai été voir à deux reprises le film d'animation Peur(s) du Noir: une très très belle découverte! Un film qui fourmille de surprises visuelles, auditives, le talent de chaque dessinateur étant vraiment criant. Et un rythme, de l'humour (obscuuuur), des personnages intriguant et des histoires qui trottent en tête. Et si en plus, c'est inspirant... bref je suis comblée... et j'ai toujours peur du noir.

 

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Alexei Hay

C'est une peur assez commune. J'ai commencé à avoir peur du noir en même temps que grandissait ma fascination pour la nuit: la nuit tout me semble plus intense, plus dense. Les confidences sont plus étonnantes, les chemins sont plus escarpés, les sensations, les bruits, l'atmosphère, l'imagination. La nuit, tout est possible, alors les monstres aussi. Il n'y a jamais de tueurs en série morbides derrière mes portes ou à l'entrée d'un placard glauque, non de vrais bestioles d'enfant: des vampires dans leurs habits seyants, des monstres bizarroïdes, bref un bestiaire résolument non réaliste, mais ... au potentiel flippant. Il y a quelques années, je vivais dans une maison dotée d'un escalier gigantesque, qui tournait sur lui-même, il était en bois et dessinait de jolies boucles, donnait un peu le tournis (ma description tend à accréditer le fait que c'était une oeuvre-d'art pour mes mirettes), mais le soir je n'aimais vraiment pas être la dernière éveillée car j'avais alors la tâche d'éteindre toutes les lumières et de regagner ma chambre dans l'obscurité la plus totale, les bras tendus en avant pour prévenir le moindre obstacle, je multipliais les pas de fourmis. J'aurais dû avoir une bonne bougie, ou une lampe de poche... Bref, au matin, j'avais souvent un sermon: les escaliers pullulaient de lumières encore ... allumées.

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Blutch

b5b3bc27bdb7b9608bb0566f1211b0cb.jpgLe charmant "réveilleur de blog" continue de me poser des questions pour que je ne lâche pas l'affaire et quitte la blogosphère en catimini (ce qui n'a jamais été dans mes intentions, je suis dilettante avec la blogosphère, mais je ne plierai pas bagages!). "En cette période de Saint-Valentin, apprends-moi quel est le comble du romantisme?"......................... Hummm, cette fête ne me semble pas du tout romantique, romanesque, ou quoi que ce soit. Si ça rappelle aux gens qu'il s'agit d'être créatifs et de surprendre ceux à qui l'on tient, bien, très bien. Si c'est pour acheter du pain d'épices en forme de coeur, le tout sous cellophane, avec une prose de carte postale, ça me fait l'effet inverse: il n'y a là absolument rien de créatif ou qui ait un lien quelconque avec des sentiments. Mes cadeaux de "Saint V." ont filé dans les mains d'une mendiante. Après tout, ils n'avaient rien de personnel, ne m'étaient pas plus destinés à moi qu'à une autre.

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Pour moi, l'endroit le plus romantique est certainement une usine désaffectée. Entrer par une porte dérobée, par une fenêtre en mauvais état, explorer ce petit monde suspendu, laisser des traces de pas dans la poussière qui recouvre le sol couvert de boulons, de vieux morceaux de bois, poser ses doigts sur les machines homériques soudain intensément silencieuses.

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Richard McGuire

14.02.2008

It's Britney bitch

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Chapitre 1: Babillages Depuis quelques semaines, je fréquente quelqu'un qui, à l'évidence, n'est pas pour moi, ou du moins, qui ne l'était pas. Je n'aime pas la foule, et me voilà entichée de ce qu'on appelle un "sportif de haut niveau", drôle d'expression d'ailleurs. Il me présente ses "potes", ses coéquipiers, le staff qui gravite autour de lui. On sort en boîte, il boit du champagne.

892ef8de2e380775c71fbd8b08c70247.jpgMais je ne suis pas dupe, ce n'est pas ma conversation qui lui plaît. Disons que j'aime sa présence, et lui aime me déshabiller. Ce n'est pas plus mal. Je n'ai pas l'habitude de relations aussi... festives. Ça durera un temps. Pour l'instant je n'ai pas envie de m'éloigner.

Et il me pose des questions surprenantes, l'oeil inquiet généralement: "Tu es une fille... sérieuse?". Ce qui, je crois, reviens à demander si je suis monogame.

Chapitre 2: Chantage Un ami, talentueux et prévenant, vient de m'annoncer que si on ne couchait pas ensemble, il ne voulait plus me voir. Il m'écrirait, lirait mes mails, mais plus de conversations ininterrompues dans des bars cosy, ni de ballades. Fuck friends.

Chapitre 3: Contenu gastrique Au vu du silence prolongé de mon blog, un lecteur téméraire a décidé de me poser des questions farfelues pour réanimer mon écriture (monsieur se reconnaîtra). Pour m'extirper de ma paralysie, l'individu curieux a décidé de spolier les magazines féminins de leurs pépites et me voilà sommée de répondre à des questions qu'il qualifie lui-même d'intenses.

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Sara Singh

"Tu es ce que tu possèdes, n'est-ce pas chère donzelle dopée au consumérisme? Alors décris, déclines, énumères ces objets précieux qui pullulent dans ton sac à main, griffé j'espère, scandaleusement cher et ostensiblement prétentieux"

22e084ed62e6004d6f9b836b9c9435a0.jpgHumm... Voilà une entrée en matière piquante. Je me plierai donc à l'exercice. Mon sac est noir, en tissu souple (ce qui en langage chaste renvoie à quelque chose d'informe), susceptible d'accueillir tout et rien. Des petits calepins à spirale pour griffonner, écrire, noter une phrase qui me plaît, tenter d'être cohérente. Et leurs corollaires: des porte-mines, je suis incapable d'écrire avec quoi que ce soit d'autre. Un dictaphone numérique, car les sons sont au moins aussi addictifs que les images. Et c'est surprenant de chaparder les atmosphères sonores, de les emprisonner dans une petite boîte, de pouvoir les réécouter, mettre en avant, en arrière, s'arrêter, reprendre, entendre une voix que j'aime, un rire incongru, le ronronnement des transports en commun. J'aimerais prendre mon appareil photo sur moi dans la vie de tous les jours, mais vu que je traite avec une négligence ostentatoire mon sac, ustensil de féminité auto-proclamé, je dois reconnaître que ce ne serait pas faire oeuvre de prévoyance. Certes. Les expéditions photo sont donc malheureusement préméditées. Une bouteille remplie de thé, vert-rouge-blanc-oolong-..., pourvu qu'on ait l'ivresse. Ma carte de cinéma, sésame, Graal, carte magique. Mon portable, toujours en silencieux, qui me donne l'heure, me rappelle que les amis sont organisés dans des listes, et surtout portable dont je tiens à ignorer le numéro. Souvent, un ou deux DVD empruntés ça et là.

La phrase qui fait ZING: "Pour moi, quand il n'y a pas de désir, il n'y a pas d'amour, car le désir vient de l'émerveillement qu'on a de l'autre", Catherine Breillat.

62e97f63908b328512207e9f2238871b.pngLa blogosphère Oui, depuis quelques mois je déblogue: je consacre moins de temps à pianoter sur mon clavier, mais je suis quelques blogs qui me tiennent à coeur et je reviendrai tôt ou tard de façon plus assidue sur le web. Je ne poste presque plus de commentaires, je me contente d'observer, de lire, de m'extasier sur une photo ou une création. Mais je ne compte pas rester en retrait indéfiniment, j'aime manifester mon intérêt à ceux qui l'éveillent, aussi j'éspère que je n'ai vexé personne par mon silence de ces derniers temps. La blogosphère a un je-ne-sais-quoi qui m'interpelle et peut-être voyeuse, ou certainement curieuse insatiable, j'aime passer d'un univers à l'autre. Tout blog est une construction, mais c'est le cas de tout langage.  

01.12.2007

Le Manitoba ne répond plus

62c42d3e82e6dad63408dbf5b36b402f.jpgLes semaines se sont envolées mais cette parenthèse a été fructueuse. Enfermée dans l'appart d'un ami, je ne profitai pas vraiment de la ville, mais ma réclusion était volontaire. Et on a réussi! On l'a fini ce fichu scénario. Enfin, pour l'instant, on l'éventrera dans quelques semaines, après s'être accordés un peu de repos. Je voulais l'écrire toute seule, mais je ne connaissais pas assez la côte est des Etats-Unis, tandis que lui la mitraille depuis des années.

Elles sont étranges ces 130 pages... Un bloc plein de mots, on a accouché d'une brique.

On avait décidé qu'on ne sortirait pas tant que ce n'était pas fini. C'était long et les huis clos sont inquiétants à la fin. Entre quatre yeux. Pas de télévision, un ordinateur préhistorique, du papier, des boites de conserve (je croyais que c'était pour des clebards). Heureusement que nos horaires étaient peu conciliants, ça a du bon de se révéler insomniaque.

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Je quitte ce drôle d'appart', cette ville que je ne connais pas. Et me remettre dans les souliers d'avant, ou presque. Retrouver mon boulot de serveuse pepso-dent, les visages familiers et leurs interrogations. Mais je ne suis pas franchement loquace, c'est plus facile de se dissimuler. "Oui un voyage, un amoureux, non je ne suis pas pâle, j'aime pas le soleil, mon portable était coupé, t'en fais pas,..." pourquoi pas? Et puis de toutes façons, il suffit d'embrayer sur une question, et le tour est joué, fin du pseudo-interrogatoire.

La phrase qui fait ZING: "Just because I don't care doesn't mean I don't understand" Homer Simpson

1b471e9595ad95f2ae62d54595ef133b.jpgMaintenant j'aurais envie de me mettre la tête dans une rave-party, être immergée, imbibée de ce flot psychédélique, incohérent. A la fois prise et extérieure, incapable de ne pas observer. La musique qui se superpose à tout. Mon corps qui bouge. Les oreilles qui bourdonnent, on est léger, si léger. On pourrait sauter pendant des jours, se laisser toucher par tout le monde, dans une bulle où tous les mots sont proscrits. L'indicible, le paradis.

28.10.2007

Tu mériterais que je te morde

Je pianote sur l'ordinateur pendant que son propriétaire parle au téléphone avec sa mère, sa soeur ou que sais-je. Je coupe la musique. Il ne parle russe qu'avec sa famille. J'aime, sa voix change quand il parle sa langue maternelle.

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La phrase qui a fait ZING: "Toutes les femmes sont des saintes, sauf ma mère qui est une pute" François Truffaut

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Depuis deux semaines, j'ai jeté mon dévolu sur de vieux cinémas. Dans des fauteuils rigides, qui craquent. A des heures indécentes. Nosferatu, Un dernier Tango à Paris. Dans certains cinémas, on met des mannequins au dernier rang, habillés en costumes d'époque... pour que le spectateur se sente moins seul. Et quelques nouveautés, ailleurs, Paranoid Park de Gus Van Sant. L'affiche sort du lot, j'aime les bandes découpées. Le film libère son propre langage, crée un rythme comme une respiration.

4f1e77be9c0d4ae652c48d4610189364.jpgEt sur l'invitation d'un ami du bout du monde, j'ai mis le bout de mon nez sur Facebook. Il y a dix jours, j'ignorais à peu près tout de ce bidule et je savais mon ennui chronique vis-à-vis de Msn, Myspace et tutti quanti. Mais quelque chose s'est produit, quelque chose d'irréel, d'irréalisable j'en étais persuadée. Je m'étais abandonnée à l'idée que je ne retrouverais jamais les visages qui pullulaient quand je devais être haute comme ... six pommes. Ils sont tous là. Et bien d'autres. Dispersés géographiquement, mais le lien est renoué. Je n'arrive pas y croire.

Peut-être que j'avais commencé ce blog pour ça. Peut-être pas. Je me sens moins démembrée.

Il faut que je retrouve la dernière personne. Il faudra que j'aille sur place, que je parte quelque temps.

Hier m'a étonnée. J'avais fini très tôt, j'avais amplement le temps de vagabonder, de jouer à me perdre. Puis j'ai retrouvé des endroits familiers. Un photographe magique et une photo chinée dans ses archives, une photo qui m'entête. Dans un pays où je n'ai pas posé un pied, du mouvement, un regard à la dérobée. Et plongée dans ma fixation sur cette photo, j'oubliais le temps, mon rendez-vous aussi. Arrivée au théâtre un peu désorientée, je savoure de me retrouver devant la scène, ça faisait longtemps que je n'avais plus assisté à une pièce. Le metteur en scène est talentueux et, ce qui ne gâche rien, charmant. Je suis ses pièces, de près mais surtout de loin, depuis des années. Avant je n'osais pas lui parler quand on dînait à la même table et j'étais terriblement mal quand on cherchait à lui présenter ce que je faisais, ce qui m'intéressait. Et puis j'étais une gamine. Hier, il m'a fait une proposition qui change tout.

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Maciek Kobielski

Et un défaut singulier me joue des tours. Sans le vouloir, en passant à côté d'une plaque d'immatriculation, j'enregistre le code, je la retiens cette fichue plaque. Et puis j'y pense plus, je vois tellement de voitures. Mais quand je retombe sur la même plaque, c'est déconcertant. Je me souviens où je l'ai croisée. Ça revient toujours, c'est ennuyeux comme dysfonctionnement. Dysfonctionnement "which is fucking weird honey" dixit un copain dans la confidence.

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Phil Poynter

17.10.2007

La note postposée du dimanche

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Malgré mes supplications au dieu informatique, mon ordinateur reste sourd et ma connection me nargue une heure sur deux. Là je vais essayer de passer en douce... et mettre en ligne le blabla biscornu du dimanche.

ac7b9d059ff29c371f45a5570f7465e2.jpgC'est bizarre un dimanche. Je ne sais jamais comment en faire une journée comme les autres. Ce qui fait que cette satanée journée est confuse: réveil à l'aube ou à midi, seule ou entre de mauvaises mains. Ou de moins mauvaises, je ne suis pas sectaire. Mais je n'arrive pas à préméditer un dimanche.

Après avoir regardé "M le Maudit" ce matin, en prenant soin de tirer les rideaux, pour que la lumière, le bruit, les autres, rien ne filtre, j'ai mis mon masque d'amoureuse.

Et les heures passent, mais il fait encore trop jour. Un soleil presque insolent a chassé la brume des jours précédents, plus de gris profond, atone, mais un air gonflé de bruits de bicyclettes, de vieilles dames enfouies dans leur commérages, de meutes de demoiselles qui prennent la pose tout en dévisageant la moindre nana qui passe. Là je me sens muette mais j'aimerais être sourde.

Et finalement en m'avançant vers des quartiers que je connais à peine, je découvre un parc minuscule, sans prétention. Un arbre contre lequel m'adosser. Griffonner. Renoncer à planifier.

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Bela Borsodi

7b88ed41a0dd6299bf2783defcfca9a8.jpgLa semaine m'a dépassée: j'ai trouvé un job pour quelques soirs de la semaine. Me voilà dans la peau d'une serveuse pour une durée indéterminée. Les bars ne sont pas vraiment mon terrain de jeu en général. Mais là, je change de perspective. Et surtout je n'ai pas instant pour tergiverser, tout doit aller si vite. J'aime bien cette sensation, on s'oublie complètement. Et les dragueurs sont impénitents, les demoiselles ne desserrent pas les dents, j'hésite entre tous ces alcools, toutes ces bouteilles, je décline les propositions et rentre à pied à l'heure où tout est silencieux, figé.

Et il faut que je reprenne mes carnets de scribouilleuse, je m'étais promis de finir les histoires que j'ai entamées. Là, je le sais, je dois trucider mon héroïne. Je sais pourquoi et comment. Mais il faut que je me dépêche, j'y pense trop, je n'ai plus d'appétit.

Dans un tout autre genre, dont je me passerais à merveille, un presque inconnu me surjoue des scènes de jalousie. Ce n'est ni drôle, ni compréhensible, c'est pathétique. En multipliant jusqu'à l'écoeurement des phrases essentiellement composée de mon nom, de compliments et leurs corollaires: de reproches. Son travail est étouffant, sa vie affective une catacombe, et sa prose une calamité. Je préférerais encore des abréviations, des "lol" et compagnie. De toutes façons, ce que je peux dire ou ne pas dire n'entre pas en ligne de compte, j'ai eu le malheur d'être polie dans un lieu saturé de testostérone dépressive, un club de sport.

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Yelena Yemchuk

Heureusement qu'un caniche à sa mémère m'aide à réaliser qu'il est tard, que je dois quitter l'arbre, le parc, la soirée s'annonce... et j'ai des bestioles qui ont préféré ma tignasse à l'écorce de l'arbre.

 

03.10.2007

Pour le pire et oui pour le meilleur

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Ça sent le renfermé ici! Mais je n'avais qu'à passer par ici et me triturer les méninges pour tenter d'écrire quelque chose de présentable, oui c'est "confusant". Pourtant ce n'est pas par excès de fainéantise, ni en raison d'une escale impromptue dans une ville-mystère. Cours et salles obscures, mon unique métro-boulot-dodo. Je ne me plains évidément pas. Ni rassasiée de films ni effrayée par les congénères de ma section et last but not least pas déçue par ces spécialistes un brin rachitiques qui se font appeler prof. Un état d'Eden qui pourrait sembler suspect. Je vais choper le cancer de la prostate...

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L'inconnu gothique au yeux bleus

Et la Tour de Babel s'étoffe... Ce matin, en essayant de saisir toute la subtilité de documentaires muets des années 20, j'étais joyeusement entourée d'un Vénitien râleur ("Il manque de tout à Venise"), d'une luciole indienne, d'un Mexicain complètement dépaysé. Tout ce brouha-ha de trajectoires me plaît, rien ne se ressemble. Je m'en sors bien: un seul spécimen lyophilisé à déclarer parmi ces têtes hirsutes. J'en suis encore incrédule. Aux intercours, on jacasse, on refait le monde, le cinéma, j'apprends bien plus qu'auparavant. Un jour, quand je me sentirai d'humeur révolutionnaire, je ferai un article intitulé "Sciences Po pour les nuls". Ça va, c'est assez racoleur comme titre...?

660e533030a26d61a307d61158bf48b5.jpgEt puis quand la réalité égale la fiction... Un éphèbe nonchalant, mêlant tous les jours la panoplie complète du costume strict ET des baskets trouées, s'est révélé être la copie du personnage principal d'American Psychode Brett Easton Ellis, ce très cher Bateman. Point de pulsion à l'ouverture saignante d'abdomen, ni au trucide collectif, non. C'est encore mieux. Un mélange de je-m'en-foutisme aigu, une propension évidente à la bouteille, un clope au bec en guise d'accessoire de mode, un discours désabusé, ... Et une obsession pour sa santé: une pomme par jour, que du bio, du light, des séances pluri-hebdomadaires de fitness, des pilules "qui font du bien à l'intérieur et ça se voit à l'extérieur". Je le soupçonne de piocher ses petits doigts dans les horreurs puantes made in"Parce que je vaux bien". Des crèmes anti-âge sans aucun doute. Curieux phénomène, oscillant entre conformisme et angoisses existentielles, entre détachement profond et consumérisme. Mais il a assez d'auto-dérision pour être fréquentable... voire de bonne compagnie. 5c80bea3a2d3c452a289daaff504e512.jpgEt puis les vices étranges des autres, c'est fascinant. Je ne vais pas le mettre dans un bocal, je suis contre les expérimentations de ce genre. Je vais me contenter de l'observer évoluer dans son milieu naturel: entre alcool à gogo et vitamines en gélules tous les matins. Entre le coca light et sa manie des pilules monstrueusement saines, j'éspère qu'il se drogue. Avec des trucs qui liquifient le cerveau tant qu'à faire, mais n'altérent pas son épiderme bien entendu.

Et tant qu'à faire, autant en profiter pour parler des affres et des surprises du box-office... Je fais une réaction épidermique à presque tous les films français (c'est un fait) et là, en l'espace de trois jours, le hasard a voulu que je découvre et récompense MON nanar de l'année... et que je sois stupéfaite par un autre film... Un peu d'ordre, de méthode, ceci est mon blog je peux donc m'inventer modèle de cohérence et de clarté...

Alors, je suis fière d'annoncer que j'ai découvert la pépite qui manquait à mon arsenal anti-cinéma français: 57b0b810d5676f154c04f7c0931b0f57.jpgL'Invité, réalisé par Laurent Bouhnik, avec Daniel Auteuil, Valérie Lemercier et Thierry Lhermitte. Par où commencer tant le sujet est inépuisable? Le dialoguiste a dû se barrer, ça c'est incontestable, c'était donc une comédie absolument dénuée d'humour. Mauvais point. Mais encore, ça peut arriver. Les acteurs se foutent de nous (ah ouais les spectateurs...?), j'ai rarement vu un jeu aussi mauvais (à part Orlando Bloom, mais lui c'est un concept). Une bande-son atrooooooce, empilant les clichés sans une once de second degré. Les plans très planplan, dont plusieurs plans fixes sur une bestiole rouge dans un bocal qui tournait consciencieusement en rond (comme le réalisateur). Au bout de trois minutes de dialogues, j'avais envie de prendre mes cliques et mes claques... mais les comparses étaient crispés sur leur siège, avec des espoirs déplacés. Pendant tout le film, j'ai été obligée de me demander comment un film comme ça pouvait être distribué (dans les maillons de la chaîne, personne n'a eu l'idée de lacérer les bobines?). Moralité: il n'y a pas de personnes charitables dans la chaîne de production du cinéma français.

Tandis que j'entendais autour de moi, la même critique sur 99 Francs, encore et encore, j'ai eu envie de me faire mon opinion. Allez, un navet de plus et je dis NIET aux films français. C'est bon l'esprit de contradiction, ça m'a forcé à aller me plonger dans un film qui ne m'intéressait pas. Et là... Chapeau bas m'sieur Kounen! Rythme incroyable, humour 92f6991e5208c9440f351a45815d5c7b.jpgféroce, parfaite compréhension des codes de la publicité, décapitation en règle des personnages, explosion des dogmes scérosés du cinéma creux-prétentieux. J'ai pris une leçon de cinéma. Mais ça veut dire que je suis à nouveau en désaccord franc avec mes petits camarades... Un pugilat verbal en perspective.

Aujourd'hui, pendant je monologuais sur le caractère non-judicieux du mélange pluie torrentielle -T-Shirt clair-soutif noir, je vis passer deux couples. Du 2x2. Assortiment intégral, on n'était pas floué sur la marchandise. Un couple de cachets d'aspirine, symétriquement troublants, habillés chez le même fournisseur d'attrappes-mites. Quelques mètres plus loin, un couple de noirs, idem. J'aurais voulu brouiller les pistes, inverser les amants, mettre le bordel là-dedans, dans ces projets d'hypothèques, de dîner du dimanche après-midi chez belle-maman. Les rendre moins dramatiquement assortis. Ce n'était pas l'un et sa moitié, mais l'un et son parfait sosie. Ça doit être follement excitant.

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24.09.2007

Rentrée, sextuple cheese-burger et lancer de morts-vivants

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Voilà ça fait une semaine que je suis à nouveau dans le bain bouillonnant des études... Les cours ont à peine repris mais je m'étonne déjà de l'ambiance qui semble régner dans les rangs. En fait, je me régale: des dizaines de têtes décoiffées, des parcours atypiques et surtout des accents, des noms étranges, des pays où je n'ai jamais posé un pied. On forme une drôle de tour de Babel et ça je ne m'y attendais pas du tout.

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Henry Horenstein

J'ai rencontré un dessinateur de bandes dessinées, venu se perfectionner dans le scénario, un Roumain révolutionnaire cynique, un Hollandais épicé, un mono-maniaque de Kubrick et mes profs ont un délicieux air de momie savante. Des profs un rien snob, mais par principe j'aime ceux avec qui je ne vais pas être d'accord, ils ont donc le profil idéal.

889a32c58e1811a56dd799c763664cee.jpgCe fut aussi une semaine de grand désoeuvrement gastronomique: cantonnée à un bouillon insipide pour contrer les naïfs virus qui croyaient s'installer, je fantasmais littéralement sur un sextuple cheese-burger. Finalement j'ai troqué mon délire culinaire contre une trouvaille de taille: un libraire faisait table rase de sa boîte à malices et c'est essoufflée mais vaillante que j'ai ramené plus de cadres d'Enki Bilal que ma chambre pouvait décemment en contenir. C'était la décence ou Bilal, et c'est le dessinateur barré qui a gagné. Le peu d'ordre qui subsistait dans ma chambre est définitivement une histoire ancienne, encore plus de cadres jonchent le sol, certains ont trouvé asile en étant suspendus sur mes tiroirs. Je voue un culte kabbalistique au bordel.

Décidée à conquérir de nouveaux territoires, j'ai pris un feutre et j'ai dessiné un visage sur le rideau de douche.

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Bilal griffonne, Bilal gribouille

Et puis ce fut aussi un grand moment de questionnement ou, comme le dit un copain scandaleux, de "doutage". Voilà le noeud existentiel du problème: pourquoi les filles ne fréquentent-elles que des spermatozoïdes lymphatiques?

df8109cd1bab51f3e5f8de977cda1740.jpgAu rayon pépites verbales, un petit garnement m'a raconté sa technique d'approche envers les filles de sa classe: comment fait-il pour appâter les demoiselles de six ans avec leurs tresses bien nettes...? "Je crache sur mes amoureuses". Euh n'aurais-je pas dû réprimer un sourire gargantuesque? Ah il s'agit de rétablir l'honneur bafoué des filles... je lui cracherai dessus la prochaine fois.

Et puis, ce fut épique d'échapper à un mariage sexy comme un enterrement, les mariés étant le versant humain des répulsifs à insectes. Bon sang, il ne manquait que le linceul et c'était embarqué dans une petite boîte. Ça va donc procréer. Ça me fait penser à ce film de zombies que je n'ai toujours pas été voir... "28 semaines plus tard". Oui mais au cinéma, happy end oblige, il y a l'éradication in extremis des morts-vivants. Là les morts-vivants en ont au moins pour cinq ans avant de penser au divorce. Ça laisse une marge conséquente.

Mais je suis labellisée "impolie, insoluble dans les fêtes". Mon honneur en prend un coup. D'autant que j'aurais pu trouver un bon parti blafard et aphasique, évidemment crapuleusement riche... J'y penserai la prochaine fois que des morts-vivants décideront d'unir leur fabuleux destin.

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Décidée à diluer ma hantise des mariages-cercueils, je me suis amourachée d'une salle noire et j'ai avalé avec volupté "Caramel", film franco-libanais réalisé par Nadine Labaki. J'aurais pu dire: "J'ai vu Caramel et j'ai fondu", le coeur y était. Nimbée dans la délicieuse athmosphère du film, je me suis baladée, au hasard bien entendu, et une espèce de liseuse de bonne aventure a voulu me lire les lignes de la main. Argh... l'horreur! Pas de ça avec moi madame! Ma vie, mon destin et tutti quanti, c'est à moi et c'est pas gribouillé dans mes petites menottes. Ni une ni deux, je me barre.

Et si elle m'avait prédit le fameux bon-parti-blafard-et-aphasique? Non mais.

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14.09.2007

I was a Space Girl in the Far West

J’ai été taguée.

-          Quoi, c’est grave ? T’es assurée ?

Oui, car avant d’entrer dans la blogosphère, j’ignorais à peu près tout de ce rituel de passage étrange, qui consiste à soumettre à des inconnus des questionnaires. Un mois sur la blogosphère et taguée puissance 3 ! Camille, Alanis et Lady: je suis piégée … mais les questions bizarres j’aime bien ça.

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L'inconnu au skate-board

Mes réponses aux questions de Camille:

1)  Pourquoi est-ce que tu détestes les filles ?

Heu, dis-je d’un air niais… C’est vrai que j’aurais dû m’en douter ! Mais après tout, je n’avais qu’à intituler mon blog « Mon poney s’appelle Teddy » ou « La vie, c’est beau quand même » si je ne voulais pas susciter de questions. Versatile m’a posé la même question il y a quelques jours dans les commentaires et je vais reprendre un peu ce que je lui avais répondu.

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Banksy est un génie

Disons que ça tient à plusieurs choses et qu'il ne faut pas non plus prendre ça au pied de la lettre. Tout d'abord "nanas", c'est péjoratif pour moi, ça désigne une catégorie de personnes soumises, dédaigneuses, sans passion, sans centres d'intérêts, arrogantes et superficielles. Il est vrai qu'en général j'ai tendance à avoir plus d'atomes crochus avec les garçons, mais j'ai également des amies filles auxquelles je tiens beaucoup.
Pendant des années, j'étais un pur garçon manqué, ce qui m'a fait doute passer à côté des rites de passage typiquement féminins :)
Et j'avoue qu'une fille très "féminine" dotée d'un je-ne-sais-quoi de garçon manqué (dans son caractère), ça a tendance à me plaire.
En fait souvent, les filles s'imposent des limites (non ça c'est pas pour moi, etc...), ces limites arbitraires m'énervent, je ne me fie qu'aux limites que je délimite. Une fille peut faire ce qu'elle veut de sa vie, sans être cantonnée à des poses mièvres ou à se comparer éternellement à ses "rivales".
Je ne veux pas généraliser, disons que je parle selon mon expérience: j'ai souvent été déconcertée par des réactions dites "typiquement féminines". C'est donc un trait de mon caractère: je tourne souvent en dérision ces soit-disant "traits féminins".

Changer de sexe n’est pas la solution que je préconise, je tiens à rassurer les féministes radicales, les accros de la jupette, les mono-maniaques du fémininement correct.

329b458ce7fdb72d77e47634ddd758c5.jpgDernièrement, je suis tombée par hasard sur un blog nana où un pugilat menaçait d’éclater: je crois que c’est faire œuvre de salubrité sociale que de vous faire partager cette intense émotion. Attention, âmes sensibles: une tension dramatique, des personnages haut en couleurs, criants de vérité, des postures chabroliennes, bref j’avais les mirettes écarquillées. Je vous dresse la scène: l’auteur du blog estime avoir été plagiée par Elle (moi je m’en vanterai pas, mais cela n’engage que ma misogynie primaire), les lectrices fanatiques la défendent avec une rhétorique shakespearienne dans un bel esprit de meute grégaire, et les contestataires sont mises au banc: à l’attaque! C’est beau comme Les Feux de l’Amour. C’est ici, on regarde par le trou de la serrure et on est poli avec la dame:

http://monblogdefille.mabulle.com/index.php/2007/09/11/86...

2)  Alors toi aussi tu n’aimes pas Nicolas Sarkozy, tu n’as pas peur d’en parler aussi ouvertement ?

Peur d’en parler ? Pas du tout ! J’aime le débat, les échanges musclés d’arguments, les discussions sans fin. Mes amis sont majoritairement des idolâtres de Mr Sarkozy, en pâmoison presque amoureuse, ce qui a donné lieu à de vifs échanges, moments délicieux au demeurant. La campagne présidentielle était intéressante, les partis-pris fusaient et il était difficile de rester indifférent à cette agitation.

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Mais avec le recul, je me rends compte que Ségolène Royal avait aussi de sérieuses lacunes dans son jeu et que Nicolas Sarkozy est vraiment un « animal politique ». Pour être honnête, je me suis sur-informée pendant des mois, et là je suis en mini-blues post-électoral. Je laisse la grande messe du 20 heures de côté, je n’achète plus de revues politiques, je vaque à d’autres préoccupations.

Mais une chose que je retiens de cette drôle de période est la diabolisation presque hystérique de chaque candidat par l’autre camp et un jeu d’esbroufe qui tend à faire croire qu’aucun parti ne peut s’asseoir autour d’une table et discuter de manière constructive.

On reprend les mêmes et on recommence dans cinq ans?

Et vous savez quoi ? Je n’ai pas le droit de voter en France.  Je peux voter dans un autre pays, mais là la politique est atrocement inintéressante. Alors je me passionne, je m’emporte, je peste, je scrute les programmes et … je me retrouve comme une idiote le soir des élections devant mon poste de télé.

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3)  Vanille ou chocolat ?

Un mot: chocolat.

4)  Quel est ton romancier préféré ?

Aie, il ne faut en retenir qu’un seul… Là il s’agit d’une question sadique. Maupassant-Houellebecq… J’ai déjà effectué un tri du tonnerre.

5)   Que fais-tu dans la vie ?

Ma vie, mon oeuvre, c'est ça? Je suis une abeille besogneuse, qui étudie le cinéma pour devenir réalisatrice.

Mes réponses aux questions d’Alanis:

1)  Mais pourquoi diable détestes-tu les filles ?

Grand sourire, je me mordille les lèvres. Vous vous souvenez de cette pub d’Orangina sanguine, avec un personnage portant une tronçonneuse à bout de bras, avec un regard bien mauvais comme je les aime:

«    - Mais pourquoi est-il si méchant ?

-          Parce que !!!! »

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Thomas Hoepker

2)  Quel est ton film préféré ?

La question sur le romancier préféré était déjà un summum de torture mentale, là on frôle le supplice soviétique. Je suis incapable de ne retenir qu’un titre. Disons que c’est Irréversible de Gaspard Noé qui m’a donné envie de réaliser des films. Pour des raisons complexes et assez viscérales.

3) Pourrais-tu te passer de ton blog ?

J’aurais dû être tueuse en série, j’ai décidé d’être blogueuse. Certains diront que rien n’est jamais définitif dans la vie.

4)  Quel artiste rêves-tu de voir en concert ?

J’aurais aimé être une souris lors du concert de Johnny Cash dans la prison survoltée de Saint Quentin. Ou assister aux premiers concerts des Doors dans les salles enfumées de la Côte Ouest.

Ils sont morts ? Je ne vais pas dire Véronique Sanson quand même ? Le vibrato infernal de sa voix m’achèvera un jour dans des douleurs innommables.

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5)  Tu te sens vraiment chez toi où ?

Joker !

Mes réponses aux questions de Lady:

1)  Comment ça va ?

Atrocement bien. Mais en manque chronique de sommeil.

Insomnies: je ne compte pas les moutons, je pense à la version longue de Lady Chatterley, sorte de Derrick érotique, violemment encensé aux Césars. Quand Lady Chatterley m’a plongé dans un sommeil réparateur, je rêve que je suis tétraplégique et violée par un fantôme. C’était la minute « bonheur incandescent ». What else ?

« Je m’endors doucement sans chaos ni sentiment » il est gentil Michel Berger, je le lui dirai à l’occasion.

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Sebastio Salgado

2)  Quelle était ta Spice Girl préférée ?

403a3d7591f996ce2a9eaef79653d683.jpgJe vivais à Budapest depuis deux ans et avec mes amis, on jouait aux espions. Puis arriva la déferlante des filles survitaminées… Moi ça m’aurait plu de continuer à jouer l’espionne, mais étrangement les deux comparses ont embrayé sur le girls band le plus célèbre de la planète. J’étais la Spice Girl qui ressemble à un croque-mort aujourd’hui.

3)   Si tu ne devais garder qu’un seul livre dans ta bibliothèque, lequel choisirais-tu ?

Le Corps exquis de Poppy Z. Brite.

Ah j’ai déjà répondu à cette question plus haut ? Il n’est pas nécessaire que je sois cohérente.

4)  Ca sent quoi une coccinelle ?

C’est bien là toute la question ! Je suis amoureuse de cette odeur… quand on est amoureux on ne décortique pas.

5)   Que penses-tu du téléchargement de musique et de films sur Internet ?

Là, il s’agit de montrer que j’ai une conscience morale hypertrophiée ?

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Conclusion : je suis livrée à un déballage écœurant. Entre pudeur et impudence mon cœur balance.

 

La phrase qui a fait ZING: Something’s Gotta Give ou Tout peut arriver, film de Nancy Meyers

-          Harry (Jack Nicholson) : Tu prends quoi comme contraceptif ?

-          Erica (Diane Keaton) : La ménopause.

d7ae1b4c4f507a11a9569352ce8d681d.pngPS: que les amoureux transis de la candide Lady Chatterley, les Sarko-phages aguerris, les Chabroliens créatifs et les violeurs de fantômes n’hésitent pas à faire de la voix, pinailler, critiquer, faire du zèle. Esprit de contradiction oblige: j’adore qu’on ne soit pas d’accord avec moi. L’amorale de l’histoire: dites NON.

10.09.2007

Le non-anniversaire du blog tome 1

J'ai bien suivi les conseils d'Alice au Pays des Merveilles et les fêtes officielles et autres bêtises de ce genre ça ne passera pas par moi. Pourtant une nana en jupette de soubrette, qui s'essouffle dans une quête frénétique à propos d'un lapin albinos, au départ j'aurais pu être récalcitrante, mais là n'est pas le sujet. Oui mais.

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Ca fait presque un mois que je tiens ce blog... Alors un non-anniversaire forcément avant l'heure, ça me tenterait bien. L'heure de tirer le bilan des aventures de la blogosphère, de voir si j'ai subi des mutations flagrantes: ai-je été génétiquement modifiée par mes dérapages et autres épanchements sur la toile? Un constat d'abord: je dis toujours autant de conneries et j'aime toujours Paf le chien, donc le plus important est là.

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L'inconnue pleine de peps

Depuis mon entrée sur la blogosphère:

J’ai bossé dans un Ministère (« bosser » j’ose dire ce mot ? My God…), j’ai revu une amie de looongue date, j’ai une tente au ciné, je ne me suis pas fait percer le nombril, je cours autour d’un lac, j’ai mitraillé des inconnus dans la rue, j’ai lu un bouquin, j’ai mangé du chocolat noir intensissime, j’ai essayé d’aimer H&M, je me suis levée à 4h du mat’, j’ai revu Hooligans en VO (ce p**** d’accent londonien… !), je me fais harceler par un mec de 50 ans, j’ai découvert plein de graffitis sensas, mon boss m’a offert un tue-le-foie (des brouettes de pralines), je suis une baby-sitter très demandée, j’ai hâte de voir Bourne Ultimatum, je bois du thé, j’écoute Amy Winehouse et Johnny Cash, je redécouvre les joies de la campagne, je veux jeter mon cousin par la fenêtre, je déteste Penelope Cruz et Sandrine Kimberlain, il n’y a rien à la télé, je vais trop souvent à la Médiathèque, j’ai recueilli une fratrie d’escargots, je fais des rêves bizarres, je suis heureuse et j’ai froid, Chimène Badi a dit qu’elle était une chanteuse à textes, ac622c1c97c474ea19dedbbc5f8aeac6.jpgje veux manger libanais, j’ai raté un showcase super, je découvre que ma soeur a de l’auto-dérision,  j’aime l’odeur des coccinelles, je vais adopter Angelina Jolie, je gribouille, j’ai découvert des photographes dopés, je jure en allemand, je dois écrire deux articles pour un magazine en ligne, j’aime le mot « élucubration », Matt Pokora travaille avec Timbaland, je vais dormir tard, j’aime pas les nouveaux métros, Dorian est peut-être ma soeur siamoise, j’arrive trop souvent à la piscine à l’heure de fermeture, un inconnu m’a fait une demande en mariage, j’ai déniché un CD en hindi, Catherine Deneuve est encore en vie, Queer as folk est la série la plus gay que je connaisse, je dis trop souvent « Poupoupidou », je vais aller au concert de Marilyn Manson, peut-être que je ne serais jamais MacGyver, le mec de Kate Moss fait fumer du crack à ses chatons, les tongs c’est abject, Chabrol est un vieux con, je vais acheter le nouveau Nothomb, « 7 à la maison » me fait peur, on m’a demandé quelle était ma Spice Girl préférée, John Travolta est laid, j’ai un crayon dans les cheveux, j’ai photographié une araignée dans une poubelle, Enki Bilal a fait une peinture à la gloire de Zidane, j’ai jamais goûté un cheese-cake, on m’a traîné à une fête de la bière, Djokovic imite très bien Sharapova, j’ai les rétines dilatées quand j’adore un film, les choux de Bruxelles n’incarnent peut-être pas le vice, le magazine Vogue classe Sarkozy 1ce829a289c7bf7674b8fcf1f63ff410.jpgparmi les personnalités les mieux habillées de la planète, ça fait une éternité que je n’ai plus vu une pièce de théâtre, je n’ai pas la notion du temps, je ne sais pas quel jour on est, j’ai plein de photos d’acteurs qui fument, Rihanna joue avec des parapluies, j’aime les douches écossaises, je met la musique trop fort, mes voisins sont âgés, j’aime pas les fleurs, quelqu’un m’a demandé si je parlais français, je vais dans des endroits touristiques pour entendre des langues étrangères, si un jour j’ai des babioles sous le nombril je les appelle « Dali, Sapho, Noah, Ethan, Maho », j’ai un copain qui a refusé d’aller dans un bar homo, j’aime avoir les cheveux longs pour les secouer d’avant en arrière, le narguilé à la pomme c’est divin, le gloss je ne veux pas savoir ce que c’est, on peut faire un anagramme bizarre avec mon prénom, Joey Starr m’a bluffée avec sa reprise du Métèque, un flic m’a dit que j’étais dans une ruelle dangereuse, j’aimerais bien qu’il y ait un monstre dans le Loch Ness, mon cerveau a sa propre bande-son, les c37617dab7adf12656e7c6bb36589561.jpgcygnes ça pue, j’ai envie de travailler avec Jack Nicholson, si le Prince William veut m’épouser je pleure et je fuis, j’ai jamais visité de catacombes, on peut aimer 300 et Dogville, Fanny Ardent est sexy, sur mon livre préféré il y a une dissection de pigeon.

 

Pas de grands chamboulements donc.

07.09.2007

Les garçons sauvages

Suddenly I'm not half the man I used to be

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David Burnett

Il est temps que je commence mes deux articles, je dois les rendre pour le 20 septembre. Pour la chronique cinéma, j'ai déjà quelques idées, mais les films que j'ai été voir ces deux dernières semaines n'étaient pas transcendants. Je crois que ce week-end sera exclusivement consacrés aux salles obscures! Ce qui, évidement, me ravira.

Aujourd'hui, j'ai profité du temps correct pour me consacrer à ma seconde occupation favorite: vagabonder. J'ai flâné dans les rues, dans des impasses, des parcs. J'ai pris dix fois le métro (oui je suis bien dans le métro) et découvert des graffitis que je ne connaissais pas.

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Une ruelle, un mur

J'ai photographié quelques grimaceurs, dont une Inconnue pleine de peps, que je mettrai très prochainement ici. Je ne fais donc pas dans la misogynie primaire! Avec cette nouvelle manie, j'aborde toutes les personnes qui éveillent ma curiosité et l'Inconnue pleine de peps était vraiment charmante: une nouvelle en ville, un peu perdue, mais terriblement impatiente de commencer ses études d'arts. Bref un bon moment et une leçon: une blonde sublime est capable de faire des pitreries en plein trafic urbain, avec une auto-dérision redoutable.

Ayant terminé la lecture de La Peau froide, je cherchais une nouvelle proie littéraire: j'ai écumé plusieurs librairies à la recherche des "Garçons sauvages" de William Burroughs, livre vivement conseillé par Dorian, pour enfin le trouver dans une échoppe de seconde main. En général, j'aime le plaisir de sentir les pages rigides, entendre la reliure craquer légèrement, bref être la première à froisser les pages. Mais ici, détail amusant, l'ancien propriétaire avait écrit au crayon un petit mot au futur acquéreur du livre: "Attention, livre à dévorer. Je le rachèterai dans dix ans". Avec une accroche pareille, comment le reposer dans son étagère?

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Vous le reconnaissez?

Et arrivée à la caisse, mon téléphone sonne et une voix très familière m'invite à l'avant-première de "Bourne Ultimatum" (La vengeance dans la peau)... Mes envies de cinéma sont comblées on dirait! Le week-end qui s'annonce risque de passer vite.

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Modiano croque Karl

Au détour de la blogosphère (vive les tours et les détours), je suis tombée sur le blog d'une passionnée de mode qui présentait une artiste vraiment intéressante: Géraldine Georges (merci Clo!). Voici l'adresse de son site: http://www.geraldinegeorges.be/ Je reparlerai d'elle, c'est une certitude.

Autre bonheur du week-end: mettre mon réveil en plein milieu de la nuit ... pour suivre l'US Open... Il ne fait donc aucun doute que j'aurai un teint de rose au réveil...

La phrase qui a fait ZING: "Par ses expressions, ses marques de mépris, il annonçait qu'il n'était pas fait pour le monde, mais le monde pour lui. Tel un césar fou, personnage qui entend le galop de chevaux invisibles et en décapite des milliers." Albert Sanchez Pinol, La Peau froide, Actes Sud, 2004.

C'est un livre que j'ai lu vite, goulûment. J'ai été séduite par la situation particulière que vivaient les personnages et par l'efficacité de la narration. Un bémol toutefois: une fin abrupte.

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Face2Face Project: une bulle d'oxygène dans une région qui en a infiniment besoin

PS: Lady je réponds à ton questionnaire très bientôt :)

05.09.2007

Tirez-moi la langue

Une journée pleine, saturée, avec du dépit, des défis et des graffitis... Un ciné aussi, une tentative "ouaich j'aime les magasins de fringues" (et une tentative, une!), une ballade mémorable et un fou rire avec une personne au cerveau dissocié.

Un peu d'ordre dans tout ça... Sur le volet "dépit", amère désillusion quant au showcase... plus une place, alors que j'étais là une demi-heure avant l'ouverture des guichets, toutes les places ayant finalement été réservées par la station de radio qui organisait l'événement. Et pas de dérogation possible car absence du caissier aux yeux bleus. En l'occurence, c'était plutôt pimbêche UV qui ne manifestait pas vraiment son amour comme au temps du flower power.

Une crèpe mikado plus tard (la personne qui était avec moi voulait combattre le dépit par les grands moyens), on se décide pour une solution encore plus radicale: une bonne séance de cinéma, des fauteuils moelleux, une clim' glaciale. Vient alors le moment du choix du film... Je crois que question cinéma je suis dans une mauvaise période. Bon, ce n'était pas un aspirant nanar, mais c'est la clim' qui nous a tenus à l'écart de la léthargie.

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Ashley Goldberg

Puis une tentative pour me convaincre que les grandes enseignes de vêtements, a priori ça pourrait être un lieu non-hostile. Ça c'est l'influence néfastissime de la blogosphère: "Tiens l'ami suédois, ça pourrait être TON ami"... Et puis non, finalement, c'est rose criant, c'est vert pétard, c'est... sans moi. Oui, tout ça c'est beau, les principes, etc... Mais les principes ça m'habillent pas encore. Conclusion qui s'impose: j'aime les vêtements, pas la mode.

Vient le versant "défis"... Une demoiselle un brin machiavélique s'amusait de mon auto-défi... Le "hic" c'est que finalement demander aux illustres inconnus qui croisent mon chemin de me faire une belle grimace, ça m'a plu. J'ai pris plein de photos idiotes aujourd'hui! Mais pourquoi je m'impose ça? En fait, c'est simple: les grimaceurs professionnels j'aime bien ça, or mon stock de photos n'est pas infini, viendra le moment où j'aurai besoin de chair fraîche à me mettre sous la dent. Le défi était donc de se constituer un book de trombines.  

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L'inconnu du parc

Enseignement de la journée: les garçons en groupe sont une cible parfaite... On en repère trois ou quatre, on s'approche franco et les voilà qui se jettent devant l'appareil photo, essayent de faire la grimace la plus trash et se charrient au passage. Me voilà un objet non identifié à leurs yeux, un truc aux manies bizarres, mais pas intimidant.

Par contre, ne pas demander aux nanas de se prêter à ce genre de simagrées... Sorties de chez elles, sapées pour draguer, en meute sectaire, ça nunuche, ça tergiverse, ça... fait la gueule sur la photo. Mesdemoiselles, vous n'êtes pas obligées... J'ai pas un dobermann dans le sac à main.

C'était fascinant de scruter les rues à la recherche d'une bonne trombine, d'un potentiel grimaceur professionnel qui s'ignore. J'ai peut-être révélé des vocations... Si quelqu'un se sent l'âme épique d'un tireur de langue ou d'un loucheur compulsif, qu'il n'hésite pas à me contacter. Je crois que je suis monomaniaque de la grimace (inutile de prévenir Jean-Luc Delarue).